Comment récupérer la TVS de votre société : conditions, calcul et démarches

La Taxe sur les Véhicules de Sociétés a évolué, et il faut s’adapter vite si vous gérez une flotte ou achetez des voitures pour l’entreprise. Nous expliquons ici, de manière directe et pratique, ce qui a changé depuis 2022, qui est concerné, comment se calcule la nouvelle fiscalité et quelles démarches effectuer pour déclarer et payer les montants dus.
En résumé :
TVS supprimée depuis 2022, deux taxes sur les émissions prennent le relais, nous vous donnons les bons réflexes pour calculer, déclarer et limiter le coût de votre parc.
- Identifiez les véhicules concernés: entreprises en France, voitures possédées, louées plus de 30 jours ou utilisées en France, avec véhicules électriques exonérés et utilitaires exclus.
- Deux composantes à suivre: CO₂ au g/km (NEDC ou WLTP, barème progressif) et polluants atmosphériques selon date de 1re mise en circulation et motorisation, diesel plus chargé.
- Calcul par trimestre civil: recensez votre parc au 1er janvier, 1er avril, 1er juillet et 1er octobre pour fiabiliser le montant dû.
- Déclarez via le formulaire 3310-A-SD et déposez avant la fin février N+1, puis payez au Trésor public.
- Optimisez: privilégiez des modèles à faibles émissions, utilisez des simulateurs, et pensez à l’abattement si indemnités kilométriques < 45 000 km/an.
Comprendre la nouvelle réglementation sur la TVS
La législation a transformé le régime appliqué aux véhicules détenus ou utilisés par les sociétés. Avant 2022, la TVS frappait largement les voitures de fonction et de société, avec des règles et barèmes souvent discutés en compta et en gestion de flotte.
Qu’est-ce que la TVS et son historique
La Taxe sur les Véhicules de Sociétés était un impôt annuel pesant sur les véhicules de tourisme détenus ou utilisés par les entreprises. Elle datait de plusieurs décennies et visait à taxer l’usage professionnel de voitures particulières, en prenant en compte émissions et autres critères.
Les services comptables et fiscaux des entreprises la prenaient en compte dans les budgets de flotte, car elle pouvait représenter une charge fixe non négligeable, surtout pour les parcs importants. Son mode de calcul et ses exonérations ont évolué au fil du temps, jusqu’à la réforme récente.
La suppression effective au 1er janvier 2022
La TVS a été supprimée le 1er janvier 2022. La réforme a mis fin à l’ancien dispositif, ce qui a modifié la façon dont les entreprises anticipent la charge fiscale liée à leurs véhicules.
Cette suppression ne signifiait pas la disparition d’une taxation sur les véhicules de société, mais un changement de logique et de paramètres, orientés vers les émissions et la pollution atmosphérique.
Remplacement par deux taxes distinctes
La nouvelle fiscalité repose sur deux taxes séparées : la taxe sur les émissions de CO₂ et la taxe sur les émissions de polluants atmosphériques. L’objectif officiel consiste à mieux lier la charge fiscale aux performances environnementales des véhicules.
Concrètement, la première taxe cible les grammes de CO₂ par kilomètre selon les normes d’homologation, la seconde tient compte des polluants (oxydes d’azote, particules) en s’appuyant sur la date de première mise en circulation et la motorisation.
Conditions d’assujettissement à la taxe
Avant de détailler les modes de calcul, il faut savoir dans quelles situations une entreprise devient redevable. Les règles sont proches de celles qui existaient pour la TVS, mais la liste des exonérations a été actualisée.
Qui est redevable des nouvelles taxes
Sont concernées les entreprises françaises disposant d’un siège social ou d’un établissement en France. La qualité de redevable dépend de la domiciliation juridique ou d’une présence opérationnelle sur le territoire.
La règle s’applique aux voitures particulières possédées, louées pour plus de 30 jours ou simplement utilisées en France, quelle que soit leur immatriculation. Autrement dit, l’Etat d’immatriculation du véhicule n’exonère pas automatiquement la société de l’obligation fiscale.
Exonérations et situations particulières
Plusieurs catégories de véhicules échappent aux nouvelles taxes. Les véhicules électriques bénéficient d’une exonération systématique, visant à encourager l’électrification des flottes. Les véhicules utilitaires sont aussi exclus, car ils relèvent d’autres règles fiscales.
Par ailleurs, lorsque l’entreprise compense l’usage des véhicules par des indemnités kilométriques, des règles d’abattement s’appliquent. Si l’utilisation indemnisée reste inférieure à 45 000 km par an avec l’abattement prévu, cela peut réduire ou faire disparaître la charge fiscale liée à ces taxes.
Calcul des taxes sur les véhicules de société
Le montant à payer dépend du type de taxe et des caractéristiques du véhicule. Les règles sont techniques, mais nous les décrivons simplement pour que vous puissiez estimer l’impact sur votre parc.
Taxe sur les émissions de CO₂
La taxe CO₂ est calculée sur la base des émissions certifiées du véhicule, exprimées en g/km, en utilisant les normes d’homologation en vigueur, soit NEDC ou WLTP selon le véhicule et la période d’homologation.
Le barème est progressif, exprimé en euros par gramme de CO₂, ce qui signifie que plus les émissions sont élevées, plus la taxe augmente. Pour les anciens modèles, des règles transitoires liées à la puissance fiscale peuvent s’appliquer.
Taxe sur les émissions de polluants atmosphériques
La taxe sur les polluants se base principalement sur la date de première mise en circulation et sur le type de motorisation. Les véhicules diesel supportent des tarifs supérieurs, reflétant un niveau de pollution souvent plus élevé pour certains polluants.
Le montant peut varier fortement selon l’ancienneté du véhicule et sa conformité aux normes anti-pollution de l’époque. Cette taxe vise à pénaliser les modèles les plus polluants et à favoriser le renouvellement vers des motorisations moins émissives.

Périodicité et modalité de calcul
Le calcul se fait par trimestre civil. L’administration recense les véhicules détenus au premier jour de chaque trimestre, puis applique les barèmes correspondants pour la période concernée.
Il est important de tenir à jour un registre des véhicules au 1er janvier, 1er avril, 1er juillet et 1er octobre, afin de permettre un calcul fiable et d’éviter des erreurs de déclaration ou de paiement.
Pour synthétiser les différences entre les deux taxes, voici un tableau récapitulatif utile pour la gestion de parc.
| Taxe | Base | Mode de calcul | Périodicité | Exonérations courantes |
|---|---|---|---|---|
| Émissions de CO₂ | g CO₂/km (NEDC ou WLTP) | Barème progressif en €/g CO₂ | Par trimestre civil | Véhicules électriques, certains hybrides |
| Polluants atmosphériques | Date de 1re mise en circulation, type moteur | Tarifs fixes selon ancienneté et motorisation (diesel > essence) | Par trimestre civil | Utilitaires, véhicules conformes récents |
Récupération de la TVA : contexte et démarches
La question de la TVA liée à l’ancienne TVS revient souvent. Il faut distinguer la TVA sur les achats et la possibilité de corriger d’anciens paiements de taxe.
TVA et ancienne TVS
La TVS ancienne n’était pas récupérable au titre de la TVA sur achats, c’était une charge non déductible pour l’impôt sur les sociétés. Autrement dit, la taxe supportée sur les exercices antérieurs ne donnait pas droit à déduction de TVA.
Pour les entreprises, cela signifie que la suppression de la TVS n’a pas ouvert une possibilité générale de récupération de TVA pour les années passées, sauf cas spécifiques de trop-perçus ou d’erreurs de paiement.
Demande de remboursement pour trop-perçus antérieurs
Si l’entreprise estime avoir trop payé la TVS avant 2022, elle peut introduire une réclamation contentieuse auprès du Service des Impôts des Entreprises (SIE). Cette procédure permet de solliciter le remboursement des montants indûment versés.
Le délai pour agir est limité : la demande doit être faite dans les 3 ans suivant le paiement. Il est recommandé de regrouper les justificatifs et de préparer un dossier clair avant de contacter le SIE, afin de faciliter l’instruction de la réclamation.
Démarches administratives pour la déclaration et le paiement
La déclaration et le paiement suivent des formalités précises. Organiser la comptabilité autour de ces échéances évite les pénalités et facilite la gestion de trésorerie.
Déclarer la taxe : formulaires et délais
La déclaration annuelle se réalise via le formulaire 3310-A-SD ou par intégration dans certaines déclarations sociales, selon les cas. Le contenu porte sur la liste des véhicules concernés et les éléments nécessaires au calcul des deux taxes.
La date limite de dépôt est fixée avant la fin février de l’année N+1, ce qui laisse un délai raisonnable pour consolider les données de l’année précédente. Respecter ce délai évite majorations et relances administratives.
Modalités de paiement
Le paiement s’effectue auprès du Trésor public, selon les modalités habituelles : virement, mandat ou autres moyens proposés par l’administration fiscale pour les entreprises. Il est conseillé d’utiliser les virements pour garder une trace formelle et rapide des opérations.
Veillez à déclarer et payer en temps utile pour chaque échéance trimestrielle, lorsque cela est demandé, ou lors de l’échéance annuelle selon la modalité applicable à votre situation. Les centres des finances publiques peuvent fournir des précisions en cas de doute.
Optimisation fiscale : conseils pratiques
Sur le terrain, choisir les bons véhicules et suivre l’actualité des barèmes permet de maîtriser la charge fiscale. Nous donnons des pistes concrètes pour réduire l’impact des nouvelles taxes sur votre trésorerie.
Opter pour des véhicules à faibles émissions
La stratégie la plus efficace consiste à privilégier les véhicules dont les émissions de CO₂ sont faibles. Les électriques et certains hybrides sont souvent exonérés ou très faiblement taxés, ce qui réduit la charge annuelle et les coûts d’exploitation.
Au-delà de l’achat, penser à la rotation du parc et au renouvellement vers des modèles plus propres peut générer des économies fiscales importantes sur plusieurs années. Cela a aussi un impact positif sur l’image de l’entreprise et sur les coûts de carburant et d’entretien.
Suivre les barèmes et utiliser des simulateurs
Les barèmes sont mis à jour via le Projet de Loi de Finances et les circulaires administratives. Suivre ces publications vous évite les mauvaises surprises et permet d’anticiper les dépenses à venir.
Pour estimer rapidement l’impact, utilisez des simulateurs officiels du BOFIP ou des outils proposés par des acteurs du secteur automobile. Ces simulateurs facilitent la projection des montants dus selon différentes configurations (immatriculation, norme WLTP, motorisation).
En résumé, adaptez la composition de votre parc aux critères d’émissions, archivez les données de mise en circulation et d’utilisation trimestrielle, et anticipez les déclarations pour limiter les risques. Nous restons disponibles pour détailler des cas concrets selon votre flotte et vos usages.



